Pegging

J’ai très longtemps fantasmé sur le pegging, ou de son nom anglais, chevillage. Cela a commencé par quelques photos disséminées dans mes dossiers masturbatoires. C’est une pratique à la fois omniprésente et invisible. Vivace dans l’esprit de ses détracteurs, un simple doigt s’aventurant dans les contrées interdites pourrait remettre en question une identité virile. Et invisible de par son manque de présence dans les conversations amicales (du moins hétéro), on se vante de démonter une chatte, mais pas d’avoir exploré ses propres cavités. Si les jeunes générations semblent s’emparer de la chose et que l’érotisation de cette pratique progresse, il y a encore beaucoup de progrès à faire pour la démocratiser, il m’est arrivé d’expliciter la différence entre un scrotum et une prostate à des personnes adultes. Heureusement, épargné par le tabou prostatique, mon strap-on sacré attendait son heure, bien au chaud dans ma malle à malice.

Comtesse m’a alors confié désirer explorer la chose, mais faute de partenaire adéquat, elle avait rangé ce désir dans un coin de sa tête. C’est avec une joie non dissimulée que je lui confiais posséder cet accessoire, et je précisais qu’avec une préparation suffisante je pensais être capable d’accueillir en moi cette verge sombre. Nous convenions alors de plusieurs semaines d’entraînement, dans ma gourmandise et mon ignorance, j’avais acheté un modèle très imposant qui s’était jusqu’alors révélé inutile. Dans la vie réelle la préparation anale n’est pas optionnelle, je regardais différents tutoriels et conseils, pour devenir moi aussi un aficionado du chevillage. Achat de poppers et de lingettes pour bébés, entraînement à la poire à lavement et domestication de la « bite » de Comtesse étaient des étapes indispensables.

Je partageais les différents entraînements et les progrès en live avec Comtesse, si les plugs moyens ne représentaient plus un défi, je couinais de frustrations en restant bloqué à la moitié de ce nouvel outil de plaisir.

Noir et épais, ce plug mesure 18 centimètres de longueur et 4 centimètres de circonférence, je prenais soin chaque soir d’entraînement de le lubrifier avec générosité. Positionné sur un espace désinfecté je m’asseyais dessus avec patience, prenant le temps de détendre mes fesses accueillantes et de faire de doux va et vient. Pour diminuer la sensation de gêne, je n’hésitais pas à me caresser. De nombreuses photos envoyées en direct permettaient à Comtesse de suivre mes progrès à distance. Ces séances débouchaient parfois sur des orgasmes de récompenses, Comtesse était impatiente et me rappelait de n’oublier aucun entraînement, mais ce, toujours avec bienveillance. Et puis un soir, les efforts portèrent leur fruit. Je gobais entièrement la bête, ma respiration coupée, je savourais la sensation de remplissage extrêmement intense. Et c’est avec les mains tremblantes que j’envoyais une photo à Comtesse, avec la légende suivante :

« Je suis prêt ».

Week-end de luxure en prévision, j’arrivais avec de l’avance dans son antre. Nous préparions ensemble l’autel de cette perversion. Lubrifiant, encens, poubelles, lingettes le tout positionné non loin du lit qui accueillera notre future expérience. Après un lavement consciencieux, j’aidais Comtesse à régler le harnais de support de la bête, aussi excité qu’impatient de lui montrer mes progrès. Satisfaite, elle admira le poids du plug, et jeta un œil dans le miroir, elle exprima sa joie avec un magnifique sourire dont elle seule a le secret. Elle adorait le rendu, et c’est avec curiosité que je la vis s’asseoir sur le lit.

« Tu ne désires pas que je te lubrifies ?

– Non pas tout de suite 

– Ah ?

-D’abord tu va le prendre dans ta bouche »

Je rougissais face à sa demande, et m’agenouillai avec docilité à ses pieds. Je commençais par de timides coups de langue, avant de le lécher plus franchement. Une fois en confiance je gobais le mastodonte avec plaisir. Un tiers suffisait à remplir entièrement ma bouche, et je n’osais pas trop pousser.

Comtesse prit délicatement ma tête pour m’encourager à aller plus en avant, et le réflexe de déglutition me surprit.

Des petites larmes et un râle de déglutition, me firent reculer prestement.

« On a encore le temps de progresser pour ça, c’est pas trop mal pour une première »

J’acquiesçais, et plein de bonne volonté je réitérais l’expérience. Au bout de trois ou quatre réflexes de déglutition je m’avouais vaincu, tandis que Comtesse me caressait la tête.

« Tu peux le lubrifier maintenant »

Je pris le temps de l’enduire généreusement de sa pointe à la base, et de me positionner contre le lit, bien cambré comme elle aime. Tandis qu’ elle se positionne doucement derrière moi avec douceur. Un crachat vint humidifier mes fesses, je souris en repensant à la première fois qu’elle cracha sur ma cavité. J’étais totalement outré, mais désormais j’y prenais beaucoup de plaisir.

Je me concentrais sur les sensations en fermant les yeux. Le doux plaid caressant ma joue, la sensation du strap entrant délicatement dans mes fesses, suivie de lents va et viens augmentant ma dilatation. Je gémissais tout doucement tandis, qu’elle me caressait la tête. La moitié vint rapidement, mais elle continua patiemment jusqu’à le voir disparaître en moi. Une exclamation de joie me confirma qu’il était entré tout entier.

« Bravo, j’ai une idée ! Quand je te fais l’honneur de te remplir entièrement, il faudra que tu me remercies dorénavant

« Merci Comtesse, dis-je le souffle court »

Tous mes muscles fessiers sont contractés autour de cette tour sombre, je savoure sa sensation jusqu’à mes fondements et étouffe mes gémissements de plaisir dans le plaid.

Une main vient agripper et relever mes cheveux.

« On n’est pas chez toi, je veux t’entendre crier, n’étouffe pas tes gémissements et cambre-toi ordonna t’elle fermement »

En me cambrant, je sens qu’il atteint la limite de mon fondement et je crie de plaisir, elle accélère encouragée par mes réactions et commence à me pilonner plus avidement. Elle ne relâche mes cheveux que lorsqu’elle juge que ma gêne vocale s’est estompée, totalement dépassée par les sensations de plaisir qui parcourent mon corps.

Je bave et pousse des gémissements rêches tandis qu’elle s’amuse à le retirer doucement, pour l’enfoncer avec force ensuite. Je suis moi-même surpris par mes onomatopées inhabituelles, bien loin des gémissements mignons que je pousse d’habitude.

Je perds toute contenance mais essaye de tenir un maximum, submergé par le plaisir je lui demande si je peux me toucher.

« Je t’en prie Comtesse c’est trop intense…

– D’abord doucement, tu n’accélères que quand je t’y autorise c’est compris ?

 -Oui… Comtesse… »

Ma main me fait l’effet d’un instrument de torture, chaque parcelle de mon corps me demande de me branler furieusement et mes gémissements ne sont plus que des râles incompréhensibles et désordonnés. Je saisis doucement la main de Comtesse pour la lécher, cherchant du réconfort dans mon épreuve. Sa main douce s’appuie contre ma bouche, m’autorisant à la baigner de ma salive, ce qui m’aide beaucoup à me canaliser.

Comtesse s’amuse beaucoup de la situation et met à l’épreuve ma résistance en me chevauchant plus violemment. Mes jambes commencent à trembler, je m’enroule autour des cuisses de Comtesse en demandant si je peux accélérer tout en léchant sa main.

Elle essuie le surplus de salive sur mon visage tout en me répondant.

« Tu peux »

Je ne me fais pas prier, et accélère comme si ma vie en dépendait, mes jambes tremblent de façon incontrôlable. Je gémis moins fort trop concentré, mais Comtesse le remarque et commence de nouveau à accélérer.

Le plaisir monte si vite que j’en perds contenance.

« Pitié… Je … Je jouis, je jouis, je jouis… »

L’orgasme monte et mon anus se contracte violemment autour du plug. Je continue à balbutier.

« Je jouis, je jouis, je jouis ! d’une voix suraïgue.

Le sperme s’éjecte avec force tandis que mes jambes se crispent, les yeux fermés, je suis incapable de parler tout de suite. Savourant le train d’endorphine à l’assaut de mon cerveau. Comtesse est silencieuse, toujours en moi. Elle patiente quelques minutes avant de se retirer doucement. Mes jambes sont tétanisées autour des siennes, et elle doit les repousser avec délicatesse.

« Hum, c’était un orgasme très fort. Tu es mignon quand tu parles en jouissant. C’est la première fois que tu le fais dit-elle en nettoyant sa verge sombre.

Mais il va falloir nettoyer le sol, tu en as mis partout… »

Une moue dépitée accueille son ordre, tandis que je m’agenouille pour regarder les longues traînées blanchâtres, elle s’allonge sur le lit avec une mine amusée.

 

« Allez c’est l’heure du goûter »