Gifles

Il m’est parfois difficile de conter mes expériences, tant elles me paraissent fades au regard des autres blogs que je lis avec avidité.

J’ai récemment découvert le blog de Mademoiselle Emilie dont la plume m’a laissé pantois, outre sa grande expérience, ses récits sont décrits avec rigueur et détaillés.

On s’imagine aisément spectateur de son récit, on entre facilement dans la peau des personnages, les enviant parfois, ou bien l’on tremble d’aise face à leurs tourments seulement imaginés bien au chaud dans notre lit. On entrevoit la pensée inhérente de la Dominante, son sadisme et sa prestance, ce qui est un vrai régal.

Je vous conseille aussi le blog de Sophie SM, bien qu’ils soient drastiquement différents, la qualité de l’écriture de ces blogs m’a interpellé et je ne peux que vous encourager à aller découvrir leurs récits.

C’est en lisant toutes ces lignes que je me remémore une parole que j’ai entendu à un Munch de Rennes, “Il y a autant de BDSM que de personnes”, bien que l’on puisse imaginer un socle commun majoritaire que ce soit dans la communication, les safes words, la consensualité des relations propres au monde BDSM. Il est vrai que chaque relation est différente, que ce soit les expectations d’une Dominante, sa complicité avec son soumis. Les pratiques, les fétichismes, la vision et les attentes sont d’autant plus variés qu’il y a de personnalités.

Je m’égare, je digresse mais il me paraissait important de faire de la pub à ces blogs, bien que je ne doute pas qu’ils possèdent déjà un grand public fidèle et aussi impatient que moi.

Je disais donc, mes expériences me paraissent fades, ou plutôt moins impressionnantes que les blogs que je fréquente assidûment.

Peut-être est-ce lié à mon manque de confiance lorsque je dialogue avec des Dominas expérimentées, ma situation d’étudiant ou bien que sais-je, laissons ce mode de pensée externe au placard, promis je me concentre sur les faits.

Je ne fréquente pas les donjons, les soirées de la communauté, et je ne me rends que rarement à des événements quand ils sont en adéquation avec mon emploi du temps. La plupart de mes expériences sont donc avec des personnes moyennement, peu ou pas expérimentées, je me réserve les choses citées plus haut pour je l’espère dans un futur proche.

J’ai fréquenté une jeune fille de mon âge, la vingtaine, dans ce qui a commencé comme une relation vanille. Les choses durant, j’ai subrepticement réussi à aborder la question de mes penchants. Curieuse elle accepte de s’adonner à quelques petits jeux, et y prend goût.

Le temps passant on décide de corser les choses, de manière occasionnelle ne pouvant pas le pratiquer autant que nous le voulons pour diverses raisons pratiques.

Je vais citer principalement des expériences que j’ai eu la chance de vivre à ses côtés. Nous avions décidé de définir des plages horaires de jeux, de définir des heures précises ou bien d’utiliser le terme “game on” et “game off” pour pouvoir vous vous le doutez, commencer le jeu ou bien le mettre en pause. Ne me sentant plus l’âme d’un Dominant depuis longtemps, elle a gracieusement endossé le rôle de Dominante.

Je ne suis pas un homme parfait, l’homme parfait n’existe pas et le soumis parfait non plus. Si vous le rencontrez, contactez-moi pour qu’il me donne des cours.

On se fréquente depuis quelque temps et quand l’occasion se présente nous pratiquons gentiment, presque trop gentiment. Je lui avais confié de la lecture pour qu’elle puisse se faire sa propre vision et attentes en matière de Domination. Et un jour dans un élan de virilité ou bien de stupidité, à vous de voir je décide de la faire sortir de ses gonds, histoire de voir si je peux vraiment l’énerver.

Nous étions dans sa maison familiale, après avoir fumé une cigarette à l’extérieur alors qu’une partie de sa famille prenait le thé. Alors qu’elle empoigne la poignée de sa porte d’entrée je décide de lui claquer avec vigueur les fesses, un geste qui ne me ressemble pas mais j’étais surement possédé par un esprit macho vengeur.

Je souriais alors qu’elle se retournait mi- surprise, mi- interrogative, je n’avais pas fait beaucoup d’efforts dans nos précédents jeux, et je me pensais à l’abri de représailles avant un petit moment, du fait de la présence de sa famille.

Elle rentre sans un mot, alors que mon esprit vagabonde déjà à autre chose, et alors que je m’apprête à pénétrer dans sa salle elle me saisit fermement la main.

Je la regarde interloqué, et vois alors un regard qu’elle n’a jamais eu mi- sadique, mi- énervée, elle me murmure “game on”, et m’ordonne de monter à l’étage dans une chambre sèchement.

A la fois amusé et je l’avoue un peu stressé je monte rapidement les marches de son escalier, avant de me mettre à genoux face à son lit, le regard au sol en pénétrant dans sa chambre. (Règles dont nous avions convenu lors de précédents jeux)

Elle rentre lentement prend le temps de fermer sa porte, ça ne dure que quelques secondes mais elle prend étrangement son temps. Elle me fait languir et s’assoit nonchalamment en face de moi n’ayant en visuel que ses pieds j’attends impatient qu’elle prenne la parole.

Sa voix se fait sèche, elle s’exprime avec un ton qu’elle n’a jamais pris auparavant :

« Pourquoi tu as fait ça ? ».

Je commence à regretter mon acte sur l’instant, je n’avais jamais imaginé qu’un geste si anodin pourrait la courroucer à ce point bien que c’était exactement ce que je recherchais.

Je relève légèrement la tête en sortant la première bêtise qui me passe par la tête :

« Je ne sais pas ».

Première erreur, je relève la tête bien qu’elle ne m’ait pas autorisé à le faire, une gifle magistrale vient me sonner la joue droite, elle enchaîne sans me laisser le temps de comprendre sur la gauche.

Je suis surpris et incapable de réagir je baisse instinctivement la tête, elle reprend alors la parole :

« Tu ne sais pas ? ou tu ne veux pas répondre ? moi je pense que tu voulais simplement m’énerver et tu as réussi… »

 Elle me relève le menton, son regard pétillant est plongé dans le mien, je me suis sentis comme dévoré du regard par un prédateur. Les joues chauffées par sa paire de gifles, je dois avoir un regard médusé.

Je n’ai pas l’habitude de me prendre des gifles, c’est une grande première et cela me perturbe au plus haut point. Elle m’en assène deux paires supplémentaires imperturbables, et commente :

« Tu ne sais pas ? »

Je suis sonné par l’impact, et balbutie pitoyablement :

« Je suis désolé, je voulais remettre en cause votre autorité ».

La réponse ne se fait pas attendre même tarif pour mes joues, suivie d’un impitoyable :

« Je sais »

Mes genoux commencent à me faire mal, mes joues sont douloureuses alors que j’ai mis mes mains dans le dos instinctivement. La position est plus qu’inconfortable ; je ne suis pas habitué à ce qu’elle m’assène autant de pression.

Elle continue son petit jeu imperturbable, me laissant parfois des pauses s’amusant à me fixer du regard pendant mon tourment.

En premier lieu je commence d’abord à m’énerver, ce qui est stupide je ne dis rien, mais lui lance un regard plein de colère.

J’ai cherché la punition, je l’obtiens, elle assoit son autorité et je commence déjà à faire machine arrière, après tout une simple tape sur les fesses, la punition ne serait-elle pas disproportionnée ?

Évidemment elle le voit, mon regain d’insolence et de colère mêlé me donne des ailes, je tente de soutenir l’intensité de ses pupilles.

Seul résultat de la manœuvre, plus de gifles, et plus fortes, après une série dont je perds le compte la colère laisse place à de la panique.

Mes yeux deviennent larmoyants, ma volonté de résister à la punition se fissure. Je ne sais pas combien de claques j’ai endurés, mais je sais seulement qu’en l’espace de 1O minutes j’ai pris plus de gifles que dans ma vie entière.

Elle doit surement s’en douter, je tente d’accompagner le mouvement des gifles avec ma tête pour atténuer l’impact. Imperturbable et sans pitié elle me repositionne la tête à chaque fois qu’elle juge que j’ai minimisé le coup, et me l’assène alors avec plus de force.

Je ne l’ai jamais vu ainsi, froide déterminée, elle est comme entourée d’une aura. Elle ne laisse rien passer je ne reconnais plus la jeune fille hésitante de nos précédents jeux.

La douleur rend mes yeux humides, je commence à perdre contenance et mes genoux n’arrangent rien pendant les pauses. Elle achève la dernière poche de contenance que je possède en me demandant :

« Bah alors tu vas pleurer ?  Pleure voyons ».

Des larmes de douleur, mais surtout de frustration coulent alors sur mon visage. Je ne veux plus être punis, je veux juste que la punition prenne fin. J’ai joué j’ai perdu, et je ne veux plus remettre en cause son autorité. Elle m’en remet quelques-unes pour la forme moins forte que les précédentes, je n’entends pas mes oreilles siffler cette fois. Elle quitte son air imperturbable façon inquisiteur et m’autorise à essuyer mes larmes contre elle.

Je reste blotti un petit moment alors qu’elle me murmure “game off”, une fois mes esprits récupérés nous débattons doucement de ce qui vient de se passer. Elle me confie qu’elle se sentait comme en transe mais qu’elle a hésité à arrêter quand mes yeux sont devenus humides bien que ce ne fût pas le cas. Je lui fais part de mon ressenti profitant de ce moment de tendresse. Une idée me traverse alors l’esprit, elle apprend bien vite, elle y a songé et l’a appliqué sans faillir quand je m’y attendais le moins, pour la première fois avec elle je me suis senti vraiment dominé et j’ai mis un petit moment avant d’oser à nouveau la provoquer.