Les méandres de la perversion ne cesseront jamais de me passionner, alors même que l’on pense être honnête envers soi-même, que l’on estime avoir accepté avec bienveillance les vices qui composent notre jouissance, il nous arrive encore de faire des découvertes.
Après m’être documenté sur le fétichisme, j’avais conclu qu’un fétichiste peut porter son attention sur divers terrains de jeux. Que ce soit des matières, des pièces particulières ,des chaussures, etc. Les sensations, le visuel que la muse fétiche procure, semblaient être inégalables dans chacun des témoignages recensés. Les experts interrogés s’accordaient sur un point, le fetish est caractérisé comme un objet de désir, procurant une satisfaction sexuelle, de tels artefacts pouvant parfois accaparer toute la sexualité des élus.
C’est avec envie que je détaillais le fétichiste assumé, d’un caractère aventureux, et épanouis, ayant trouvé compagne ou compagnon partageant sa passion dévorante.. Fier devant la caméra, il étale et présente les trésors de sa collection personnelle, ses yeux sont remplis d’émotions alors qu’il déballe les précieuses pièces. Une anecdote agrémente chaque objet, devant la pile grandissante. Pervers accomplis se noyant avec délectation dans le fleuve de ses souvenirs.
Loin de moi tout jugement mais j’imagine que certains, ou certaines, ont eu moins de chance et ont refoulé leurs fétichismes. Certains sont plus faciles que d’autres à assumer, et soumis aux particularités de vie de chacun. J’imagine parfois que certains assouvissent leurs pulsions dans le plus grand secret. Tel une mère de famille profitant d’un moment de répit, suite à de nombreux mois de durs labeurs. Elle vérifie bien que la maison est vide, et approche timidement, mais avec excitation, la boîte au grenier sous le fatras d’affaires accumulées au fil des années. Elle enfile alors sa tenue de latex religieusement conservé et la porte une journée. Loin du regard inquisiteur de son mari à qui elle n’a jamais osée confier ce vice secret chéri depuis tant d’années.
La digression est un plaisir que j’apprécie de plus en plus, mais ce qui m’est apparu au fil de ces recherches, c’est que je mourrais d’envie moi aussi d’essayer l’une de ces tenues. Comment avais-je pu oublier?! Comment osais-je ne pas l’avoir encore fait ? Certes il est vrai que je me perds parfois pendant des heures sur des blogs fétichistes de tenue serrées, latex, enclosure, cuir et compagnie, et que mon premier pseudo été composé d’un « tight », comment avais-je pu autant me voiler la face, et ne pas faire de lien avec mes propres envies ? Je plongeais alors dans l’une de mes merveilleuses introspections remontant la piste des indices que j’avais inconsciemment dissimulés. Deux souvenirs me sont remontés particulièrement, que je vais exposer avec délectation et émotion.
Le premier remonte à ma plus tendre jeunesse, à l’école maternelle pour ainsi dire. Une journée par semaine était consacrée aux rollers. Ou plutôt son ancêtre moins sophistiqué, patin grossier nous permettant de goûter aux sports de glisse. Un petit groupe était sélectionné afin de permettre une pratique sécurisée, les enfants étaient alors mis en rang et les “dames de services” s’assuraient qu’ils soient bien protégés. Nous étions revêtus d’une armure entière et de protections intégrales. Alors que le bruit des scratchs fixateurs résonnaient encore dans ma tête, j’étais envahi par une étrange sensation de bien-être que je ne comprenais que vaguement. En effet le contact serré de cette tenue me prodiguait un agréable sentiment, je profitais de l’activité comme un damné, et ressentis une immense déception quand celle-ci prit alors fin. Je n’avais qu’une envie c’est d’à nouveau éprouver une telle sensation, c’est le cœur lourd que j’abandonnais ce contact sur ma peau avant d’enfouir ce souvenir dans les méandres de ma mémoire.
Le second souvenir est beaucoup plus révélateur, j’arpentais le CDI de mon collège durant les heures de permanences obligatoires. Alors que je fouillais dans les bacs à bandes dessinées, une attira alors mon regard, la couverture étrange réveilla alors ce même sentiment que j’avais éprouvé bien des années auparavant. Une femme entièrement recouverte d’une combinaison moulante posait devant une ville futuriste. Une sorte de masque à gaz recouvrait son visage et elle semblait fuir une situation dangereuse. Pour un tel accoutrement ? Aucune parcelle de sa peau n’était visible, je fixais la couverture hypnotisé. Elle devait mourir de chaud dans une telle tenue, que ressentait-elle ? Qu’elle était la sensation que sa peau devait ressentir au contact de cette combinaison futuriste ? Je prenais le livre, fébrile et m’isolait alors pour lire en toute quiétude. Le livre prenait alors la dimension d’un étrange grimoire, comme si sa lecture été prohibée. Si jamais quelqu’un au cours de sa lecture reconnaît cette bande dessinée prière de me donner son nom, je meurs d’envie de la relire, mais je n’ai aucune idée de son auteur ou bien de son titre, les images sont cependant gravées dans ma mémoire.
Une jeune femme se retrouve entraînée contre son gré dans une société futuriste et totalitaire, après avoir atterri en urgence, elle est accueillie par des militaires qui possèdent une tenue complète similaire à celle de la couverture elle est emmenée dans une sorte d’hôpital. Malgré ses protestations, et son incompréhension flagrante, elle revêtira une tenue de couleur jaune entièrement hermétique et extrêmement moulante soit disant pour la protéger des germes et autres impuretés. Elle tente de résister vainement tandis que les médecins eux aussi entièrement revêtu d’une tenue moulante blanche ressemblant fortement à du latex ignorent ses efforts. Elle sera qualifiée d’hystérique et une fois endormis à l’aide d’un sédatif sera entièrement enfermée dans sa tenue. Toute la société du livre est basée sur ce genre de tenues, je soupçonne fortement l’auteur d’être un fétichiste accompli, son livre m’a marqué profondément.
Les couleurs des tenues désignaient les différentes figures d’autorités sinon il aurait été incapable de les différencier leurs masques étant tous similaires, la femme est introduite dans cette société de force, et tentera dès son réveil de se soustraire de sa combinaison sans succès. Elle fera tout pour fuir cette ville étrange le reste est assez confus dans mes souvenirs. Mais il me semble qu’elle y parvient.
Une histoire composée d’une prisonnière réticente et de tenues fétichistes ? De la dynamite dans les mains d’un ado prépubère découvrant ses penchants particuliers. J’ai lu plusieurs fois d’affilées cette bande dessinée fasciné par les courbes de l’héroïne, complètement charmé par sa détresse et sa captivité forcée. Sans me l’avouer, je fantasmais complètement sur sa tenue, et rêvais d’être à sa place. Je n’aurais jamais fui cette étrange planète mais aurais épousé à merveille les contraintes vestimentaires de ce régime totalitaire fétichiste.
Après des années de fantasmes, et avoir repoussé cette expérience, je me devais d’aller au bout de mon questionnement et de trouver moi aussi les clés de mon fetish hibernant patiemment au fond de mon être.
Après plusieurs mois passés sous le délicieux joug de Comtesse, je prenais peu à peu en confiance, ce qui fit émerger ces envies refoulées. C’est avec une énorme appréhension que j’osais un soir montrer à ma muse autoritaire, photos et dessins de tenues me faisant fantasmer. Elle regarda avec attention la chose, et m’encouragea à expérimenter dans cette voie, elle ne semblait pas choquée, et prit le temps de me rassurer. Le lendemain, je commandais avec frénésie sur le net, jock-strap, harnais de jambes et de torse, gants, bas, et divers accessoires que je ne m’étais jamais autorisé. Je faisais mon shopping avec sérieux réfléchissant aux matières que je désirais découvrir, et à l’harmonie des différents ensemble. La matinée passa en un instant et je fantasmais un long mois en attendant l’arrivée des accessoires. Les colis s’entassaient dans mon petit appartement. Et je les ouvrais avec soin et délectation. Je restais silencieux en caressant ma première pièce de latex, une cagoule, et savourais l’attente avant de la mettre. Je l’enfilais devant un miroir et admirais mon nouveau visage. Son enrobage noir me transportait dans une contrée de plaisir, transformant tout mon être, le sublimant via un rendu immaculée et inexistant dans la nature. Je me sentais tel un personnage de fiction, un servant sexuel échappé d’un harem. Et je tremblais en essayant d’autres matières. Le contact des bas sur mes jambes me fit frissonner de délice, et je savourais mon nouveau reflet. Je me reconnaissais à peine avec mes jambes sublimées et divers contours lissés. Je choisissais diverses combinaisons laissant transparaître des muscles seyants, merveilleuse dichotomie de noir nacré, et de peau se soulevant sous l’excitation. J’apprivoisais le résultat dans la glace, mais le plaisir que je ressentais ne laissait aucun doute quant à ma satisfaction extrême, il ne me restait plus qu’à montrer le résultat à Comtesse.
Je commençais par prendre diverses photos dans différents angles. Je passais une bonne demi-heure avant d’envoyer quelques clichés satisfaisants. Le fétichisme est un plaisir très égoïste et j’étais prêt à faire marche arrière si Comtesse se révélait peu intéressé par le processus. Une brise chaude envahit mon cœur à la lecture de ses réponses enjouées. Elle adorait le résultat, et me sommait d’apporter ces tenues lors de nos prochaines rencontres, je me couchais complètement exténué et ravis et m’endormais d’une traite.
S’est bercé dans les bras de divine Comtesse que je savourais la joie de ce succès, elle appréciait mes efforts pour me rendre désirable. Et me complimentais même sur la douceur de certaines pièces qu’elle appréciait sentir contre sa peau. Je respirais paisiblement complètement comblé, alors que sa main caressait mes cheveux. Je somnolais avec excitation dans l’une de mes tenues favorites. Je savourais chaque pulsation de mon cœur, des gants et bas noirs diffusaient une douce chaleur sur chaque parcelle de ma peau recouverte. Ma respiration était alourdie par un serre-taille, et le reste de mon dos reposé contre la délicate peau de Comtesse, j’avais l’impression de reposer dans un nuage cotonneux et n’arrivait pas à exprimer ma joie par des mots. Je me contentais de savourer chaque instant comme un trésor.
Je me sentais alors pousser des ailes et osait même mettre mes tenues adorées par-dessous des habits de ville. Le trajet prenait une tout autre allure jusqu’à la demeure de Comtesse. Des pas légers restreint par l’harnais de jambe m’émoustillaient à chaque pas. Le frottement des bas contre mon pantalon. Mes fesses nues dans un jock-strap reposant contre la vitre du métro. Je me concentrais pour me faire discret, respirant aussi calmement que je le pouvais, chaque expiration me provoquait de douces décharges de plaisirs, mes abdos étant contractés sous un serre-taille équilibré. J’étais vraiment très satisfait par le fait de porter un masque chirurgical pour cacher ma gêne et mon plaisir. Je souffrais avec délectation du frottement des pinces contre mon col roulé noir. J’avais choisi un angle discret de la rame et fixais mon reflet avec un regard presque neutre, adaptant mon langage corporel pour me faire le plus discret possible. Jambes serrées, dos droit, petites inspirations, luttant contre une érection involontaire, la chasteté ne m’aidant absolument pas à garder mon calme. Je marchais d’un pas lent et distingué jusqu’à chez Comtesse fier de ma nouvelle expérience, et ne désirait qu’une chose arriver très vite et me jeter à ses pieds. Oh doux fétichisme apprivoisé, comment avais-je pu te repousser tant d’années ?